Les souvenirs de vacances en famille commencent rarement à l'aéroport. Et pourtant, c'est souvent là que tout se joue : une file de contrôle interminable, une poussette à plier au mauvais moment, un retard de vol avec un tout-petit qui n'a pas fait sa sieste. Voyager avec des enfants demande surtout de l'anticipation. Pas besoin de tout prévoir, il suffit de préparer les étapes où les choses dérapent le plus souvent. Ce guide passe en revue ce qu'il faut savoir avant le départ, à l'aéroport, à bord et à l'arrivée, avec des conseils adaptés à l'âge de chaque enfant.
Bien choisir son vol quand on part en famille
Le prix du billet compte, mais l'horaire compte presque autant. Un départ tôt le matin, quand les enfants sont reposés, se passe généralement mieux qu'un vol en fin d'après-midi. Pour les tout-petits, un vol qui coïncide avec la sieste peut transformer le trajet. Les vols de nuit, eux, divisent les parents : certains enfants dorment tout le trajet, d'autres pas une minute.
Un vol direct vaut souvent quelques euros de plus. Chaque correspondance ajoute un débarquement, une marche dans un terminal inconnu, une nouvelle attente et un risque de rater le vol suivant. Si l'escale est inévitable, prévoyez assez de temps pour passer aux toilettes, manger un morceau et rejoindre la porte sans courir.
Réservez vos sièges dès l'achat du billet. Avec les tarifs les plus bas, rien ne garantit que la famille sera assise ensemble. Et comparez le prix total, bagages compris : un billet attractif l'est beaucoup moins une fois les valises ajoutées pour quatre personnes.
Papiers d'identité : ce qu'il faut prévoir pour chaque enfant
C'est le seul point impossible à rattraper au comptoir d'enregistrement. Mieux vaut vérifier les documents plusieurs semaines avant le départ.
Carte d'identité ou passeport
Pour un vol intérieur, les compagnies demandent généralement une pièce d'identité pour chaque passager, enfants compris. À l'intérieur de l'Union européenne, une carte d'identité valide suffit. En dehors, chaque enfant doit avoir son propre passeport, même un nourrisson. Les délais d'obtention peuvent être longs avant les vacances scolaires : anticipez.
Si l'enfant ne porte pas le même nom que le parent qui l'accompagne, emportez le livret de famille ou un acte de naissance pour prouver le lien de filiation en cas de contrôle.
L'autorisation de sortie du territoire
Depuis 2017, un mineur qui réside en France et voyage à l'étranger sans aucun titulaire de l'autorité parentale doit présenter une autorisation de sortie du territoire (formulaire Cerfa n° 15646*01), accompagnée d'une copie de la pièce d'identité du parent signataire. C'est le cas, par exemple, d'un enfant qui part avec ses grands-parents ou en colonie. Si l'enfant voyage avec l'un de ses parents, l'AST n'est pas nécessaire.
Visas et autorisations électroniques
Certaines destinations demandent des démarches supplémentaires, y compris pour les enfants. Pour voyager en famille au Canada en avion, les ressortissants français doivent obtenir une autorisation de voyage électronique (AVE) pour chaque membre de la famille, bébés compris. Le Canada recommande aussi qu'un enfant qui ne voyage pas avec ses deux parents ait sur lui une lettre de consentement du parent absent.
Voyager avec un bébé : ce qui change
Un bébé de quelques mois est souvent plus facile à emmener qu'un enfant de deux ans. Il dort beaucoup, se nourrit au sein ou au biberon et n'a pas besoin de bouger. Jusqu'à deux ans, il peut voyager sur les genoux d'un adulte, en payant généralement une fraction du tarif adulte ou seulement les taxes.
Sur les vols long-courriers, de nombreuses compagnies proposent des berceaux fixés à la cloison face aux sièges. Le nombre est limité et des conditions de poids et de taille s'appliquent : demandez-le dès la réservation.
Le lait infantile, le lait maternel et les petits pots sont autorisés en cabine au-delà de la limite des 100 ml, dans des quantités correspondant au trajet. Présentez-les séparément au poste de contrôle. Prévoyez aussi des couches pour le double de la durée prévue, deux tenues de rechange et un lange qui sert à tout.
Prendre l'avion avec des enfants, de l'enregistrement à l'atterrissage
À l'aéroport
Arrivez plus tôt que si vous voyagiez seul. Enregistrer les bagages, plier la poussette, passer le contrôle de sûreté et faire un détour par les toilettes prend du temps avec des enfants. Certains aéroports disposent de files dédiées aux familles, et la plupart des compagnies proposent un embarquement prioritaire aux parents de jeunes enfants.
La poussette peut en général être conservée jusqu'à la porte de l'avion sans frais. Selon la compagnie, vous la récupérez à la sortie de l'appareil ou au tapis bagages. Une housse de protection évite bien des mauvaises surprises.
À bord
Les changements de pression au décollage et à l'atterrissage provoquent souvent des douleurs d'oreilles. Faire téter, donner le biberon ou la tétine aide un bébé à déglutir. Les plus grands peuvent boire de l'eau ou mâcher quelque chose.
Gardez des activités en réserve. Commencez par les livres, les autocollants ou le hublot, et sortez la tablette plus tard, quand l'ennui arrive. Un petit tour dans l'allée, quand le signal des ceintures est éteint, calme souvent les enfants qui ne tiennent pas en place.
Si votre enfant a son propre siège, certaines compagnies acceptent un siège auto homologué pour l'aviation. Renseignez-vous avant le départ, car les règles varient d'une compagnie à l'autre.
Après l'atterrissage : arriver à l'hôtel sans galère
L'arrivée est souvent le moment le plus délicat. Tout le monde est fatigué, il faut récupérer les valises et trouver un moyen de rejoindre l'hébergement. Une file de taxis après un long vol, avec des enfants à bout, n'est pas le meilleur début de séjour.
Réserver son transfert avant de partir règle la question. Avec un transfert privé depuis l'aéroport, le chauffeur vous attend à la sortie, le véhicule est adapté au nombre de passagers et de bagages, et le prix est connu d'avance. Sur Transpovia, vous pouvez comparer et réserver un transfert privé ou une voiture avec chauffeur avant le départ, en choisissant un véhicule assez spacieux pour la poussette et les valises.
Pensez au siège enfant. Les règles varient selon les pays et, dans bien des endroits, les taxis sont dispensés de l'obligation d'en fournir un. Si vous n'emportez pas le vôtre, demandez-le au moment de la réservation en indiquant l'âge et le poids de chaque enfant.
Voyager en famille sans s'épuiser : destination et rythme
Le choix de la destination change tout. Un trajet raisonnable, une logistique simple et des activités accessibles aux enfants comptent davantage qu'une liste de sites incontournables. Pour un premier long-courrier, voyager en famille au Mexique est une option appréciée : plages, sites mayas, hôtels pensés pour les familles et climat chaud une grande partie de l'année. Le décalage horaire de plusieurs heures avec la France demande toutefois quelques jours d'adaptation.
Pour limiter les effets du décalage horaire, calez rapidement les repas et le coucher sur l'heure locale et passez du temps dehors à la lumière du jour dès l'arrivée. Les enfants s'adaptent souvent plus vite que les adultes.
Sur place, prévoyez moins que ce que vous pensez pouvoir faire. Une sortie principale par jour, avec un moment de piscine ou de parc l'après-midi, fonctionne mieux qu'un programme chargé. Un logement avec cuisine et chambre séparée simplifie aussi les repas et les soirées.
Questions fréquentes
Un enfant peut-il voyager avec un seul de ses parents ?
Oui. Aucune autorisation de sortie du territoire n'est exigée lorsque l'enfant voyage avec l'un de ses parents. En revanche, certains pays, comme le Canada, recommandent une lettre de consentement de l'autre parent. Emportez aussi le livret de famille si vos noms sont différents.
À partir de quel âge un bébé peut-il prendre l'avion ?
Beaucoup de compagnies acceptent les nouveau-nés après quelques jours de vie, mais l'âge minimum varie d'une compagnie à l'autre. Vérifiez leurs conditions et demandez l'avis de votre pédiatre, surtout pour un vol long.
Faut-il acheter un siège pour un enfant de moins de deux ans ?
Ce n'est pas obligatoire, mais c'est souvent plus confortable sur un long trajet. Un siège à part permet d'installer un siège auto homologué lorsque la compagnie l'accepte, et laisse plus de liberté au parent comme à l'enfant.
Conclusion
Un voyage en famille ne sera jamais aussi rapide qu'un déplacement en solo, mais il peut être beaucoup plus serein qu'on ne l'imagine. L'essentiel se prépare avant le départ : un horaire de vol adapté, des papiers en règle, un bagage cabine pensé pour les imprévus et un transport déjà réservé à l'arrivée.
Une fois ces bases posées, il reste à accepter quelques moments difficiles et à garder un rythme souple. Ce dont les enfants se souviendront, ce sont les vacances, pas la file d'attente au contrôle.
« Après neuf heures de vol avec deux enfants, trouver un chauffeur qui nous attendait à la sortie a tout changé. »

